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Situation de la loi sur la psychothérapie (juin 2015)

La situation de la psychothérapie est très différente d’un pays à l’autre en Europe. Il y a des pays « hard core » et des pays « laissez faire ». Tout dépend du pouvoir de persuasion des groupes d’influence.

Ainsi, en Belgique, la Plate-forme de concertation des professionnels en Santé Mentale a beaucoup travaillé avec les différents gouvernements qui se sont succédé en 15 ans pour aboutir à la Loi du 4/4/2014.

Cette loi a défini quatre courants officiels de la psychothérapie et a donné un cadre pour orienter les critères d’accessibilité à une formation reconnue. C’est le (la) Ministre de la Santé qui est chargé de mettre en application cette loi, notamment en constituant un Conseil Supérieur National de la Psychothérapie qui donnera des directives aux Communautés. Ce sont les Communautés française et flamande qui délivreront un Visa d’agrément aux psychothérapeutes. La loi de 2014 est donc une loi d’habilitation, elle ne relève pas de l’AR 78. Cette loi doit entrer en vigueur à partir du 1° septembre 2016.

Il reste donc un an à la Ministre pour faire appliquer la loi.
Or, après un an, ne voyant rien bouger, nous (la Plate-forme, l’UPPSY, l’ABP/BVP etc.) avons commencé à nous inquiéter. Il est clair que les débuts de Madame De Block ont été difficiles : dossier des médecins qui n’avaient pas leur n° INAMI, épidémie d’Ebola etc. Nous avons mené notre enquête et nous avons constaté que le cabinet travaillait sur la loi de 2014, mais dans un tout autre sens que celui qui avait été décidé sous Madame Onkelinxs.

En réalité, le cabinet de Madame De Block travaille à changer la loi de 2014, à la faire passer dans l’AR 78 qui va être revu complétement. Nous pensons que c’est sous la pression de différents groupes d’influence que la ministre de la santé n’entend pas faire appliquer la loi sur la psychothérapie dans l’esprit de la loi Muyle (loi de 2014).
Parallèlement à cela, nous avons appris que nos collègues néerlandophones s’étaient constitués en une coupole : « De Koepel » qui rassemble en principe les quatre courants de la psychothérapie. En principe, car en réalité, cette Koepel a exclu certaines modalités du courant Humaniste pour ne garder que la psychothérapie non-directive de Carl Rogers.

Nos collègues systémiciens autour de Mony Elkaïm nous ont alors proposé de créer également une coupole francophone sur le modèle de la coupole flamande, mais en intégrant la FPH : Fédération Belge des Psychothérapeutes Humanistes (gestalt, A-T, analyse bioénergétique etc.). Nos collègues comportementalistes et nos collègues rogériens ont d’abord pris une position d’observateurs dans la coupole francophone. Ensuite, lorsque nous avons effectué sans eux une première démarche auprès du cabinet, ils ont décidé de faire partie intégrante de la coupole francophone.
Voici la proposition du cabinet de la santé : comme nous le supposions bien, Madame De Block veut faire passer la loi sur la psychothérapie dans l’AR 78 et organiser les interventions psychothérapeutiques sur le modèle médical. Nous savons que la ministre veut la para médicalisation. A défaut, une prescription sur le modèle médical effectuée par le psychologue clinicien en première ligne. Le patient devrait suivre « un trajet de soin ». En première ligne, le médecin généraliste ou le psychologue clinicien qui établit un diagnostic et oriente le patient vers une modalité psychothérapeutique reconnue. En deuxième ligne, le psychothérapeute. Il y aura deux catégories de psychothérapeutes (bonjour le transfert !) : les psychothérapeutes avec un master en psychologie clinique et les psychothérapeutes bacheliers considérés comme des psychothérapeutes auxiliaires (sous-catégorie !). Les psychothérapeutes « masteurisés » établissent un diagnostic et un plan de traitement que les psychothérapeutes auxiliaires seront chargés de suivre et devront en rendre compte aux psychothérapeutes masteurisés.

Comme vous vous en doutez, nous avons réagi (c’est-à-dire les trois courants présents) à cette proposition du cabinet. En en faisant part à nos collègues comportementalistes et nos collègues rogériens, nous nous sommes entendus dire qu’il y avait de bonnes choses dans cette proposition, même s’il fallait encore retravailler certains points. Il semble donc que nos collègues comportementalistes et nos collègues rogériens soutiennent ce projet de modification de la loi 2014.
Voilà où nous en sommes aujourd’hui. Comme le dit très bien notre collègue Véronique Lejeune : « l’histoire de la loi sur la psychothérapie en Belgique, c’est un peu comme le mythe de Sisyphe… ».

Paul KESTEMONT,
AG UPPSY, Bruxelles le 22 juin 2015


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